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1926 et 1962-73
les Confréries

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
LES ORIGINES DE LA MAINTENANCE DES CONFRERIES

DE PENITENTS

« Profitons de tout ce que les âges écoulés nous ont transmis et faisons-en bénéficier notre temps »
Cardinal de Cabrières
« Si nous voulons relever notre patrie, relevons ce qui fait germer les patriotes : la religion, les traditions »
Frédéric Mistral

Nous ne connaissons pas d’écrits relatant la création de cette Maintenance pour laquelle nous fêtons ces jours ci le 75ème anniversaire d’existence.
Cet événement mérite que nous nous y arrêtions quelques instants pour rappeler dans quel contexte cette naissance eut lieu.


Le premier titre connu de cette association était :

Fédération des Confréries de Pénitents du Midi
Maintenance et Frairie générale des Pénitents de Langue d’Oc


Elle fut créée en 1926 au cours des splendides fêtes du VIIème centenaire de la fondation par Louis VIII, Roi de France, et père de Saint Louis, de la Dévote et Royale Compagnie des Pénitents Gris d’Avignon.

C’est sur la proposition de Joseph AMIC, alors Premier Maître des Pénitents Gris d’Avignon, qu’une commission composée de Prieurs ou Premiers Maîtres d’autres Confréries voisines, venus spécialement pour ces fêtes, a enfin créé cette Fédération sous la bienveillante attention de Monseigneur de Llobet, Archevêque d’Avignon.

La présidence de cette Fédération fut immédiatement confiée à Pierre ROUSSEL, Prieur de la Confrérie des Pénitents Blancs de Montpellier en reconnaissance pour Frédéric MISTRAL.

Dès 1927, la Fédération publia un bulletin de liaison annuel, ciment entre les Confréries, et très marqué par le fédéralisme mistralien. L’intitulé de ce bulletin, reprenant le titre du livre de Marc de Vissac, s’appelait « L’ARC EN CIEL DES CONFRERIES ». Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, ce bulletin prit le nom de « LABARUM », titre qui est encore utilisé de nos jours et dans lequel sont relatés les grands évènements rencontrés par chaque Confrérie au cours de l’année écoulée.

La volonté de la naissance de cette fondation existait antérieurement à 1926.
En effet, des manifestations religieuses de pénitents se déroulaient avant la guerre de 1914, dans un cadre régional et très régulièrement.

Une des plus célèbre fut le Congrès de Pomérols (Hérault) en 1911 ; assemblée qui s’était tenue à l’occasion de la rentrée triomphale du Cardinal de Cabrières à son retour de Rome. Le Pape Pie X venait de lui remettre ce chapeau de cardinal, tant attendu par les fidèles pour les qualités de leur prélat. En effet le Pape Léon XIII avait souhaité, plusieurs années auparavant, l’élever à cette distinction, mais les idées politiques de Monseigneur de Cabrières et la situation en France risquait d’envenimer inutilement les relations avec le Saint Siège par ce choix. Aussi , notre Cardinal avait il l’habitude de répondre avec humour à chaque interrogation sur ce sujet : « Je suis trop blanc pour devenir rouge ».

En 1913 le Pèlerinage constantinien des Pénitents du Midi à Saint Trophime d’Arles rassembla Monseigneur Bonnefoy, Archevêque d’AIX, le Cardinal de Cabrières, membre de la Confrérie des Pénitents Blancs de Montpellier, et Frédéric Mistral, lui même Prieur Honoraire de cette même Confrérie.
Au cours d’une vibrante péroraison, le cardinal pénitent proposa aux pèlerins, comme devise, le mot de Constantin à ses troupes : « Le Seigneur Dieu est Jésus-Christ ».

Notre Maintenance actuelle se trouve ainsi héritière du fédéralisme mistralien et de la sagesse du Cardinal de Cabrières.

Cette sagesse se retrouve tout au long de l’histoire de la Maintenance par les recommandations qui ont été édictées dès l’origine de sa création, par les prieurs et premiers maîtres de l’époque, et résumées dans les extraits suivants :
L’étude des pieuses origines des Confréries montre qu’elles se rattachent toutes au moins par leur esprit aux tiers Ordres laïques des grands Saints du XIIIème siècle, comme Saint François d’Assise ou Saint Bonaventure.
Elles ont été de tout temps des fraternités religieuses, des mutualités catholiques, poursuivant l’admirable idéal d’offrir à leurs membres un secours spirituel et temporel.
Les Confréries doivent se considérer dans le présent comme les héritières de ce double patrimoine de piété et de fraternité chrétienne. Elles doivent maintenir et faire fructifier ce fonds commun de vertus chrétiennes et d’actes de solidarité charitable qui leur a été légué par leurs pères pour les transmettre à leurs descendants.
Ces Confréries sont ainsi de véritables « Fondations Pieuses ».

Ce sont en effet des « Fondations Pieuses » que les chapelles qu’elles possèdent et dont elles assument la charge de conserver, d’administrer et d’embellir.

« Fondations Pieuses » pour le culte qu’elles y célèbrent, les dévotions particulières qui s’y rattachent, les réunions pieuses qui s’y tiennent, les fêtes et processions rituelles organisées pour de mémorables anniversaires, les manifestations religieuses traditionnelles parfois si touchantes et si particulièrement édifiantes qui se sont fidèlement perpétuées à travers les siècles.

« Fondations Pieuses » encore pour les avantages spirituels et les Indulgences nombreuses dont toutes les Confréries sont dotées par les Évêques ou les Souverains pontifes.

« Fondations Pieuses » enfin pour les obligations funéraires que certaines Confréries assument encore, et les devoirs qui animent statutairement chaque confrère.

Cette sagesse, toute inspirée, anime toujours les assemblées des Confréries réunies annuellement au cours de ces Maintenances.
Il est important de relire le texte fondateur que le Cardinal de Cabrières proclama en 1907 à l’occasion du Congrès des Œuvres catholiques du Diocèse de Montpellier :

« Nous pensons qu’on ferait sagement en maintenant les coutumes et les usages des Associations de Pénitents, si on leur rappelait leurs pieuses origines, et si on leurs offrait un but de charité ou de zèle, plus en rapport avec les temps où nous vivons. Pourquoi ces Associations ne se rajeunissaient-elles pas en se donnant et en donnant à ceux qui les composent un but plus voisin des conditions de la vie contemporaine ?

Une vieille romance, entendue dans notre jeunesse, faisait chanter cette phrase un peu naïve : « Ne pouvant rien créer, il ne faut rien détruire ».

Prenons cet axiome pour une vérité et disons bien haut que, dans les choses de Dieu, s’il y a des évolutions extérieures qu’il faut tolérer ou même accepter, il y a aussi un fond qu’il faut savoir toujours respecter, utiliser et appliquer.

Les hommes ne changent qu’en apparence ; ils sont au-dedans ce qu’ont été leurs plus lointains devanciers, ce que seront leurs arrière-neveux.

Dès lors, profitons de tout ce que les âges écoulés nous ont transmis et faisons en bénéficier notre temps ».


Depuis 1926, l’ensemble des Confréries de Pénitents se rassemble, autour du Labarum, étendard constantinien, surmonté du monogramme christique, et brodé dans la cappa magna du Cardinal de Cabrières.

Une telle présence du cardinal dans l’histoire de la fondation de la Maintenance nous permet de rappeler les devises qui accompagnaient ses armes, devises qui pourraient s’inscrire en tête du Labarum, la revue actuelle de la Maintenance : « Non humore terrae vignebit » : ce n’est pas l’humidité du sol qui lui donnera sa vigueur et « Nihil nisi divinum timere » : ne rien craindre sinon ce qui est de Dieu.

A la suite de ces quelques lignes qui ont retracé les débuts de cette Fédération et du texte fondateur tenu par le cardinal que nous venons de lire, il restera aux historiens le soin d’écrire l’histoire de cette Maintenance des Confréries de Pénitents, histoire qui n’a pas été écrite encore à ce jour.


Pierre CANCE
1er Maître des Pénitents Gris d’Avignon